Sobriété numérique : actions pour un numérique durable des collectivités !
- Cédric MASERA

- 10 sept. 2020
- 6 min de lecture

PIM poursuit ses contributions aux stratégies numériques des territoires. Cette semaine, alors que les usages et les équipements numériques ont été multipliés pendant le confinement nous revenons sur les enjeux et méthodes de la sobriété numérique, un élément incontournable pour participer à la résilience des territoires, dès aujourd’hui. De la mesure de l’impact environnemental de son système d’information au pilotage d’une stratégie de sobriété numérique, quelques réflexions, sources utiles et actions envisageables à court terme dans toutes les collectivités pour les directions métiers et informatiques ! Et quelques perspectives pour la résilience territoriale.
Numérique et sobriété énergétique : un oxymore ?
Le numérique représente en 2019 plus de 3 % de la consommation énergétique mondiale, celle-ci augmente selon une dynamique soutenue de + 9 %/an (source The Shift Project : https://theshiftproject.org/wp-content/uploads/2020/05/Crises-climat_chantier-du-Plan_Shift-Project.pdf)
La question de l’impact environnemental du numérique se pose dans le contexte d’accélération du déploiement des usages professionnels et privés. Encore plus pour les collectivités qui doivent concilier les enjeux de « simplification des parcours », de dématérialisation avec ceux de réduction de l’impact environnemental des habitants sur leurs territoires.
Le concept de sobriété numérique s’impose progressivement comme une dimension nécessaire de la stratégie numérique publique.
Des stratégies numériques durables sont possibles : la sobriété numérique
Bien sûr, tout usage numérique a un impact environnemental. Pour autant, il est possible pour la collectivité d’intégrer la sobriété au pilotage stratégique de ses systèmes d’information. Une analyse de son écosystème numérique est nécessaire : la définition d’objectifs de réduction de l’impact environnemental en fonction de sa situation et de sa stratégie de numérisation.
5 principes nous semblent structurants de la stratégie de sobriété en collectivité :
(1) Penser usages avec une approche « globale »
Impact environnemental du service numérique dès la conception du projet
Economies d’émissions générées par ailleurs : moins de déplacements pour les usagers, les agents, économies dans les cycles de numérisations, impressions, duplications des documents …
S’interroger dès l’étude d’opportunité : numériser est-il nécessaire, quels sont les besoins, le nombre des utilisateurs et quelle valeur ajoutée du numérique sur le processus concerné ? Parfois, un tableau d’informations partagées « physique » a la même valeur d’usage que des dispositifs numériques…
Penser « sobriété des usages » : optimiser les offres de services pour correspondre au besoin explicite des utilisateurs et utilisatrices. Quel volume et quel type d’usage : il n’est pas nécessaire d’homogénéiser toutes les réponses du système d’information / l’enjeu est que le procédé technique rende le service à l’utilisateur avec un niveau de service correspondant à ses attentes et à son usage de l’informatique
(2) Mesurer l’empreinte écologique de son système d’information
Savoir d’où l’on part, objectiver sa situation est nécessaire pour sensibiliser les acteurs, se fixer des objectifs atteignables et suivre leur degré d’atteinte dans le temps.
Le référentiel REN (Référentiel Environnemental du Numérique) proposé par The Shift Project (annexe 4) constitue une grille d’analyse exhaustive pour réaliser ces mesures : mesurer un impact global des applications, des usages, des infrastructures et réseaux.
(3) Formaliser des objectifs de sobriété pilotés par la direction générale
Transformer c’est incarner le changement : comme dans toute démarche stratégique, les objectifs peuvent être formalisés par le collectif de la direction générale et partagés auprès de chaque acteur de la collectivité et notamment les pilotes de projets numériques
(4) Sensibilisez tous les agents de la collectivité
Et justement, comme vous le verrez ci-dessous : des actions simples liées à notre usage quotidien des technologies peuvent limiter l’impact environnemental du numérique.
Alors n’hésitez pas à partager les indicateurs simples de nos pratiques digitales qui peuvent d’ailleurs questionner nos pratiques dans le monde professionnel et personnel. « Si l’on considère la totalité de son cycle de vie, le simple envoi d’un mail d’1 mégaoctet (1 Mo) équivaut à l’utilisation d’une ampoule de 60 watts pendant 25 minutes, soit l’équivalent de 20 grammes de CO2 émis » (source)
--> « La production d’un smartphone, c’est entre 50 et 100 kg de CO2 » comme le rappelle Jean-Marc Jancovici (source)
--> Toujours selon la même source, le visionnage de vidéos en ligne a généré plus de 300 millions de tonnes de CO2 au cours de l’année 2018, soit une empreinte carbone comparable aux émissions annuelles de l’Espagne…
--> Quelques bonnes pratiques et des visuels très communicants ici : https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-face-cachee-numerique.pdf
(5) Intégrer des contraintes de sobriété énergétique et matérielle dans les politiques d’achats publics
La réduction de l’empreinte écologique est un enjeu global qui doit irriguer toute la politique d’achat (informatique) de la collectivité
Quelques leviers d’action pour les organisations (publiques)
La partie 5 du dossier expert transformation numérique des collectivités dédiée aux infrastructures présente des axes d’action :
Optimiser la gestion de son parc
Durée de vie, usages, automatisation des mises en veille, des arrêts, il est aussi possible de choisir des équipements qui disposent de labels environnementaux (EPEAT, Ecolabel Nordique, L’Ange Bleu, TCO, plus d’informations ici : https://www.ademe.fr/labels-environnementaux)
Envisager tout le cycle de vie de l’équipement de la production à la destruction-réutilisation-reconditionnement (analyses de cycles de vie (ACV), cf. L.1410 de l’ITU-T)
Limiter la climatisation des régies techniques !
Penser « économie circulaire »
La collectivité peut s’inscrire dans une approche d’économie circulaire, en cherchant à donner une seconde vie aux équipements obsolètes pour le besoin de la collectivité, mais viables pour un contexte associatif, dans les réseaux de la médiation numérique du territoire
Intégrer les enjeux environnementaux dans la politique d’achat de la collectivité
Quels engagements des prestataires, quelle politique de réduction d’émissions d’énergies de leurs côtés ?
Là aussi des actions sont faciles à déployer : Adapter les contrats, adapter les critères de sélection des fournisseurs et partenaires, demander la transparence concernant l’empreinte indirecte générée par des tiers, influencer le marché en contribuant à des publications, à du développement de solutions plus durables
Ces recommandations se retrouvent aussi dans les leviers d’action soulignés par The Shift Project qui va jusqu’à chiffrer les économies énergétiques correspondantes : (https://theshiftproject.org/wp-content/uploads/2018/11/Rapport-final-v8-WEB.pdf) :
Leviers n°1 & n°2 : Allonger la durée de vie des équipements professionnels
L’augmentation de la durée de vie des équipements est un levier facile à actionner pour une collectivité.
Un allongement de la durée de vie à 5 ans pour les postes fixes et 3,5 ans pour les smartphones permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 37% pour les fixes et 26% pour les smartphones.
Levier n°3 : Augmenter la part de smartphones « pro-perso » dans le parc professionnel
Un seul équipement et deux usages ! C’est possible avec le système des doubles cartes SIM disponibles dans de nombreux smartphones.
Toujours selon ce rapport, une augmentation de 30 à 70% du parc « pro-perso » permettrait une réduction de 37% des émissions de gaz à effet de serre du parc.
Levier n°4 : Favoriser l'échange de documents bureautiques via une plateforme partagée
Bonne nouvelle : votre stratégie collaborative peut également limiter l’impact environnemental du système d’information !
De la même manière que l’on peut optimiser son rangement « physique », les collectivités sont encouragées à ne pas multiplier le stockage du même exemplaire d’un document sur plusieurs serveurs et à limiter les envois des documents par mails !
Une réduction de 50% du volume d’envoi des versions d’un document se traduirait par une économie de 40% d’émission de gaz à effet de serre, cette économie peut atteindre plus de 80% en cas d’un partage à 100% sur une plateforme collaborative.
Levier n°5 : Mettre en place des métriques opérationnelles
Le rapport préconise à toutes les sphères décisionnelles de mettre en place des métriques largement compréhensibles.
Exemple dans le secteur public : lors de la conception, du design du projet, voire de l’étude de faisabilité : intégrer la dimension environnementale. On produit souvent des analyses stratégiques et de retour sur investissement des investissements numériques, alors intégrons la vision de la consommation énergétique des projets (et de la maintenance) dès la conception.
Perspectives pour les territoires résilients
La résilience des territoires intègre un volet numérique structurant, ces dernières semaines l’ont démontré. Des approches locales de l’écosystème numérique sont possibles : la dimension de sobriété peut faire partie intégrante d’une stratégie de résilience territoriale : de quelles sources d’énergie, de données dépendons-nous ? quels usages numériques souhaitons-nous sur notre territoire ?, quelle définition de la proximité (numérique) ? La collectivité est en charge de piloter l'aménagement numérique du territoire et la stratégie de développement des usages.
Des approches de type « Low Tech » semblent aussi accélérées par la crise sanitaire : des fabrications locales, des modèles réutilisables, des passages à l’échelle, des concepts simples avec des ressources locales… La conception même de nos plateformes territoriales de services publics peut croiser ces enjeux de sobriété et de résilience ! Avec peut-être des perspectives d’indépendance locale vis-à-vis des GAFAM. Les enjeux de protection des données et de sobriété énergétique peuvent aussi se réunir dans des approches locales du service public numérique.
Les territoires intelligents sont encore une promesse, au cœur on retrouve des enjeux de gouvernance et de politique : quels investissements carbone du territoire dans un projet territorial « intelligent » pour quelles économies d’émissions ?
Alors que certains experts craignent « l’effet rebond » économique : une surconsommation des ressources par « l’efficacité technologique » facilitant l’accès à ces ressources, l’approche de circuits courts, de suivi des ressources territoriales par les données sont des pistes pour construire une gestion durable des territoires.
Retrouvez notre premier article dédié aux stratégies numériques territoriales ici : une voie vers un service public numérique territorial
Pour plus de renseignements, n'hésitez pas à nous contacter : contact@publicimpact.eu
Bibliographie et sources :
"Pour une écologie numérique", par Eric Vidalenc
Le Jaune et le Rouge, Numérique et environnement, le numérique, problème environnemental ou solution ? : N° 754 - Avril 2020, https://www.lajauneetlarouge.com/magazine/754
Rapports et études du Shift Project :
Lean ICT : pour une sobriété numérique : https://theshiftproject.org/wp-content/uploads/2018/11/Rapport-final-v8-WEB.pdf
Crise(s), climat : plan de transformation de l’économie française : https://theshiftproject.org/wp-content/uploads/2020/05/Crises-climat_chantier-du-Plan_Shift-Project.pdf
ADEME :
La face cache du numérique, réduire les impacts du numériques sur l’environnement : https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-face-cachee-numerique.pdf
Labels environnementaux : https://www.ademe.fr/labels-environnementaux
Dossier expert : transformation numérique des collectivités : http://boutique.lagazette.fr/transformation-numerique-11692.html




kubet casino dạo này mình thấy nhiều người bàn tán nên tò mò vào xem thử giao diện ra sao. Ấn tượng đầu là các mục kiểu bảo mật, truy cập an toàn được đặt khá nổi, nhìn phát thấy ngay chứ không phải lục lọi. Mình cũng đọc nhanh phần giới thiệu thì thấy họ có nhắc tới giấy phép PAGCOR, nghe cũng “có cơ sở” hơn cho ai quan tâm độ uy tín. Nói chung mình không chơi game hay nạp gì, chỉ xem cách họ chia mục và trình bày thông tin. Trang nhìn gọn, tiêu đề rõ ràng, kéo xuống không bị rối mắt.
Rik Vip mình nghe tụi bạn bàn tán hoài nên cũng tò mò vào xem giao diện thế nào, kiểu tham khảo chứ chưa định chơi. Ấn tượng đầu là phần giới thiệu khá gọn, họ đưa thông tin về giấy phép và nhắc PAGCOR ngay từ đầu nên cảm giác đỡ phải đoán “có uy tín không”. Bố cục chia mục rõ ràng, mỗi đoạn ngắn vừa đủ, lướt xuống đọc nhanh mà vẫn nắm ý. Màu sắc nhìn hiện đại, menu chuyển qua lại mượt, không bị rối như vài chỗ khác. Nói chung phần trình bày được chăm chút.
go8 trang chủ hôm trước mình vào thử cho biết vì thấy nhiều người nhắc, kiểu chỉ định xem giao diện với phần giới thiệu họ trình bày thế nào thôi. Lướt một vòng thấy trang làm khá sạch sẽ, nhìn không bị rối mắt, chữ dễ theo dõi nên đọc cũng nhanh. Có đoạn họ nói GO8 bắt đầu từ 2020 và nhắc chuyện tăng trưởng đều qua các năm, mình thấy ghi vậy nghe cũng “vừa phải”, không kiểu phóng đại quá đà. Mình chưa đăng ký hay chơi gì cả, chủ yếu xem thông tin và cách họ sắp xếp nội dung. Điểm mình thích là các mục được chia thành từng khối rõ ràng, tiêu đề…
keo nhà cái 55 dạo này mình thấy nhiều người nhắc nên cũng tò mò vào xem thử cho biết thôi. Mình không phải kiểu ngồi soi kèo kỹ, chủ yếu xem giao diện có dễ dùng không và thông tin có gọn gàng không. Lướt một vòng thấy họ để mấy phần kiểu bảng xếp hạng, lịch thi đấu với kết quả khá dễ tìm, bấm qua lại không bị rối. Có cái mình thích là phần tỷ lệ kèo cập nhật liên tục nên nhìn vào là thấy số liệu thay đổi theo thời gian, đỡ phải F5 mỏi tay. Nói chung cảm giác trang làm theo kiểu tập trung vào dữ liệu bóng đá, đọc nhanh vẫn…
https://luckywin.com.co/ mình bấm vào thử cho biết thôi vì thấy mấy đứa bạn nói suốt. Vừa vào là thấy giao diện nhìn khá thoáng, kiểu chia khối rõ nên kéo xuống không bị “lạc” hay rối mắt. Mình thích cái cách họ để dòng cảnh báo về việc đôi lúc web bị hạn chế ngay phía trên, đọc cái là biết luôn chứ không phải mò. Chữ cũng dễ nhìn, không bị nhồi nhét quá nhiều thứ một lúc nên lướt nhanh vẫn nắm được ý chính. Nói chung cảm giác là làm gọn gàng, dễ theo dõi, nhất là mấy phần nội dung được tách khối và có tiêu đề nhìn phát nhận ra ngay.