Mineurs non-accompagnés (MNA) : laboratoire d'essai des futures politiques intégratives ?

50 000 à 70 000 selon les sources : c'est le nombre d'évaluations de minorité et d'isolement réalisées en France en 2017. Soit 30 000 à 40 000 MNA à prendre en charge, pour quelques jours ou pour quelques années.

Au moment où la mission bi partite Etat ADF sur la mise à l'abri et l'évaluation s'apprête à rendre ses conclusions, il n'est pas inutile de s'interroger sur les modalités de prise en charge de ces quelques dizaines de milliers de jeunes qui arrivent sur le territoire et qui vraisemblablement, pour une grande partie d'entre eux, vont y demeurer.

C'est ce que nous invite à faire l'ODAS, à travers sa dernière enquête auprès des départements métropolitains.

Qui sont ces jeunes tout d'abord ? Avec toutes les limites et la prudence qu'il convient d'observer en matière de profil type, l'enquête indique que ce sont très majoritairement des jeunes hommes, de 16 à 18 ans, originaires d'Afrique de l'Ouest. Beaucoup sont mûrs et motivés pour "s'en sortir". L'ODAS souligne les principales étapes des parcours d'intégration réussis : hébergement dans des appartements partagés à 2 ou 3 (voire accueil par des familles bénévoles comme en Loire-Atlantique), soutien du voisinage et des services sociaux pour les démarches, apprentissage du français et d'un métier, placement en entreprise. On trouvera ici la méthodologie et les résultats détaillés de l'enquête.

Pour les Départements, en mettant temporairement de côté la question financière (objet de négociations en cours avec l'Etat), voici une belle occasion de renouveler leur politique de protection de l'enfance, en se montrant plus volontaristes en matière d'accès à l'autonomie pour le public des 16-21 ans et en allant chercher de nouvelles méthodes de pilotage des politiques publiques : que ce soit à travers le recours aux options de coûts simplifiés (OCS) dans les programmes FSE, afin de réduire la charge administrative, limiter les risques d'erreurs, simplifier les contrôles et se concentrer sur les résultats ; ou par le recours au contrat à impact social, à l'instar de la Finlande, voir notamment le programme décrit p.22 ici. ​

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