Les trois idées forces pour mieux vieillir chez soi, paroles de congressistes

Le 29 et 30 mars derniers se tenait le congrès 2022 de l’Union Nationale des Centres Communaux d’Action Sociale. Il a été l’occasion de réunir en présentiel à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris plus de 1000 adhérents de toute la France. Cette année, le maintien à domicile des personnes âgées a été particulièrement mis en lumière. Au détour d’un stand ou entre deux conférences, nous avons pu échanger avec quelques participants sur ce sujet. Voici les trois idées forces qui ressortent pour mieux vieillir chez soi  !



Améliorer le bouquet de services à domicile

La dépendance fait naître de nouveaux besoins. « Proposer un panel de services sociaux et sanitaires adaptés au domicile » permettrait de repousser le départ de celui-ci selon Ariane Binet Prevost (responsable développement d’Apave certification). De nombreux services existent déjà et sont en pleine croissance : le nombre d’emplois de services à la personne enregistrent en moyenne 7% de croissance par an depuis 2005 (1). Les structurer autour « d’un service public pour les personnes âgées » serait un moyen de faire connaître leurs actions et de les coordonner, selon Jérémy Capaces (Directeur des Opérations de Tunstall Vitaris).

L’isolement chez les personnes âgées est l’un les principaux facteurs aggravant du syndrome de glissement et du non-recours au soin. C’est pourquoi, Anne Guérande de Bip Bop Université de Compiègne plaide pour « que chaque personne âgée qui le souhaite puisse avoir au moins un lien social par jour (visite de convivialité, appel téléphonique, accompagnement aux courses…) ». Un bel exemple d’un objectif concret pour une politique du bien vieillir.

Le recours aux outils numériques est de plus en plus fréquent par les acteurs de cette politique (e-santé, domotique, visio assistance). Ils apparaissent aussi comme un moyen de lutte contre l’isolement et de stimulation cognitive. « Prendre en compte les appréhensions que suscite l’outil en rassurant davantage sur l’intérêt qu’il peut avoir en matière de relations sociales, de divertissement… », voilà tout ce que souhaite Déline Lemmel, Responsable Partenariat du groupe La Poste. A ce sujet, des solutions simplifiées d’usages du numérique et de formations pour les seniors peuvent être encouragées au niveau local par les collectivités par des aides financières ou en nature, précise François Lerebourg (groupe CDIP).


Adapter à la dépendance son environnement physique

Cependant, rester au domicile implique aussi d’adapter son environnement physique. Un diagnostic systématique sur les besoins de la personne en aménagement technique et aux aides à mettre en place pourrait être assuré par un ergothérapeute. Elle est la « profession la plus légitime pour définir les adaptions nécessaires », selon Florent Rouchy Directeur Général Adjoint d’Alogia et Charlotte Le Blanc, Co-fondatrice d’Adaptia.

Pour ce faire, « un coup d’accélérateur sur les projets de prises en charge de l’aménagement » est nécessaire selon Christophe Durand, d’Aménagement Senior Habitat. « Améliorer la lisibilité des aides publique à l’adaptation du logement » est aussi un objectif à prendre à compte pour faire connaitre davantage tous les dispositifs existants.


Développer des alternatives au duo domicile vs EHPAD

A l’heure actuelle, la prise en charge du grand âge se résume parfois à la mise en place d’aides à domicile et, lorsque la dépendance s’aggrave, au placement en Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agés Dépendantes. Toutefois de nombreux types de logements existent à mi-chemin de l’un et de l’autre : habitats inclusifs, les résidences seniors, les foyers logements… Ils doivent « permettre à tous les seniors de choisir le logement qu’ils veulent habiter » prône Scarlette Lazaric, Directrice de la coordination de l’action sociale territoriale à l’Agirc Arrco.

A ce sujet, David Meynard de l’association Récipro-Cité plaide pour « l’accompagnement des collectivités sur le développement des habitats inter générationnels afin de rompre l’isolement des seniors ». Un exemple d’un dispositif complémentaire à l’offre de logement adapté.

En 2050, près d'un habitant sur trois aurait plus de 60 ans, contre un sur cinq en 2005, selon l’INSEE. Parmi eux, 4 millions pourraient être en situation de dépendance, soit 2 millions de plus que lors du dernier recensement en 2015 (2). Telles ont les projections de l’INSEE s’il fallait encore démontrer la transition démographique que nous apprêtons à vivre. Qu’ils soient acteurs du privé, du public ou du monde associatif, il apparaît qu’il n’y aura pas qu’une stratégie du tout domicile ou du tout placement, du tout État ou du tout collectivité mais davantage un panel progressif de prise en charge de nos aînés pour répondre avant tout à leurs envies et au contexte de chaque territoire. « Pour que chaque personne âgée continue de se sentir citoyenne à part entière » comme l’appel de ses vœux Pierre-Olivier Lefebvre, Délégué Général du Réseau Francophone des Villes Amies des Aînés.

Sources : (1) Services à la personne : un marché solide qui résiste à la crise, https://www.salon-services-personne.com/

(2) La population de la France métropolitaine en 2050 : un vieillissement inéluctable, Chantal Brutel, INSEE, 2019.


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