• Jean BALL

Accélérer le retour à l’autonomie des publics en difficulté, c’est possible !

Sans attendre les effets de la reprise économique, l'accompagnement des publics en difficulté (jeunes décrocheurs, chômeurs faiblement qualifiés, allocataires du RSA, mineurs étrangers privés de la protection de leur famille) vers et dans l'activité est la solution à privilégier pour de nombreux acteurs. C’est une question budgétaire pour les comptes publics mais aussi, et surtout, d’efficacité et de cohésion sociale.


La question du « comment » se pose alors :


  • L’amélioration de l’efficience et de l’efficacité des dispositifs empilés au fil des années passe par une collaboration plus étroite des intervenants et une meilleure coordination des actions auprès des personnes accompagnées ;

  • Or les acteurs de terrain sont unanimes pour souligner que b

  • eaucoup de temps est perdu aujourd’hui dans la collecte des informations, leur fiabilisation, leur exploitation, leur circulation, au détriment des délais d’engagement dans les solutions d’insertion proposées, quelle qu’en soit la nature : actions d’insertion conventionnée ou non, sessions de formation, emplois aidés / non aidés.

Les plateformes de services numériques sont souvent citées comme un des leviers majeurs pour passer à la vitesse supérieure en matière d’insertion. Moins de ping-pong social, moins de parcours du combattant, une circulation accélérée de l'information, c'est plus d'autonomie pour les bénéficiaires et plus de sorties positives des dispositifs.

Plusieurs collectivités territoriales ont engagé des démarches novatrices en ce sens : toutes démontrent que la mutualisation des données, leur partage et leur mise en commun sont des conditions indispensables à une plus forte valeur ajoutée des dispositifs. Dans le respect du règlement européen sur la protection des données personnelles bien entendu.


Le phénomène étant à la fois local, national et mondial, la plateforme de demain devra l'être également :


  • L'accompagnement vers et dans l'activité nécessite de faire circuler très rapidement l'information à l'échelon local : bassin de vie, bassin d'emploi. L’identification et la mise en commun de la plupart des sources de données se feront mieux au niveau territorial.

  • Pour autant, il n'est pas pensable que chaque collectivité finance et construise sa plateforme dans son coin : cela reviendrait à arbitrer entre valeur ajoutée des services numériques et budget du projet ; et certains fournisseurs de données sont nationaux.

  • Enfin, admettons que l’hexagone n’a pas le privilège des phénomènes dont il est question ici… et qu’une initiative française en matière de plateformes de services numériques dans le domaine de l’insertion devrait être pensée, dès l’origine, indépendamment de la réglementation des innombrables dispositifs propres à notre pays.

Bien entendu, une telle approche soulève de nombreuses questions : qui dans notre pays pourrait aujourd’hui prendre la conduite d’un tel programme ? peut-on conjuguer temps politique et projet transnational ? le respect du règlement européen sur la protection des données personnelles offre-t-il une garantie suffisante en matière d’éthique ? etc.

Alors, au moment où les collectivités votent leur budget 2018 et à l’aube de la réforme de la formation professionnelle, lançons cette réflexion en méthode agile en associant la diversité des parties prenantes. Chiche ?

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